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Lundi 30 Avril 2012
Balades près de Kaohsiung

Balades près de Kaohsiung
Cliquez sur la photo pour accéder à l'album.
Paul-Antoine.

Samedi 31 Mars 2012
Rencontres sur l’avenue Habib Bourguiba

26 juin 2010. C'est la fin de l'après-midi. Les ombres se font grandes. La lumière, orangée. Je quitte la médina pour revenir au centre ville à l'européenne, que j'avais traversé un peu vite tout à l'heure. Mon intention est de trouver un restaurant pour dîner, puis rentrer à l'hôtel. Je sors mon guide et en repère un pas loin, bien noté et pas trop cher. Je marche le long de l’avenue Habib Bourguiba quand deux hommes, la trentaine, m'interpellent. Ils engagent la conversation en se présentant. L'un me dit qu'il est à moitié italien par sa mère. Ils me demandent quel est mon hôtel, qu'est-ce que j'ai vu aujourd'hui, et si ça m'a plu. Au fil de la discussion, je leur dit que je vais à tel restaurant pour diner. Ils m’indiquent le chemin et nous nous séparons.

Je n’ai le temps que de traverser la route quand deux autres personnes viennent à nouveau à ma rencontre. Ce sont deux jeunes cette fois, de peut-être mon âge. Ils synchronisent leur pas sur les miens pour me parler. Ils se présentent, me demandent quel est mon hôtel (qu'est ce qu'ils ont tous à vouloir connaitre mon hôtel ?), ce que j'ai vu aujourd'hui, et si ça m'a plu. Ils me proposent de venir prendre un verre dans le café du coin pour bavarder. Je refuse, expliquant que je vais au restaurant pour ensuite rentrer à l'hôtel. Ils se proposent alors de m'accompagner sur un bout de chemin. Rapidement, l'un se tourne vers moi et dit :
- Dis, tu peux me dépanner de dix dinars ? On boira à ton honneur.
Stupeur. Je me refroidis. Il insiste lourdement mais je refuse obstinément. Après avoir compris que je le ne "dépannerai" pas de dix dinars, ni cinq, ni même deux, il essaie d'obtenir un dinar pour s'acheter des cigarettes. L'autre s'était écarté discrètement pour téléphoner. Je mets un terme à la conversation et m'en vais pour reprendre la recherche de mon restaurant, un peu énervé.

C'est un petit restaurant un peu caché dans une rue perpendiculaire à l'avenue. Le patron est à la porte, en train de discuter avec quelqu'un. J'entre et m'assois sur une table au fond. Le restaurant ne me fait pas bonne impression. Il est désert, les tables sont recouvertes de nappes en plastique, et il y a des mouches. J'ai l'impression d'être dans une cuisine. Au bout de deux minutes, personne n'est venu m'apporter la carte. Je commence à m'impatienter, toujours un peu agacé par ces jeunes, quand j'aperçois l'un d'entre eux, toujours au téléphone, passer devant le restaurant l'air de rien pour voir s'y suis. Il ne manquerait plus qu'ils viennent s'asseoir à ma table pour dîner et ensuite essayer de me faire payer l'addition ! C'était peut-être d'ailleurs ce qu’ils avaient en tête quand ils m'ont proposé de boire un verre. Ca suffit. Je me lève et quitte le restaurant sous l'œil médusé du patron, et je rentre a l'hôtel a pied.

Je mange finalement au restaurant de l'hôtel ce soir-là, ce qui est un peu dommage car leur carte est plutôt européenne, et j'aurai préféré manger tunisien. Je me console en commandant les mets les plus "orientaux" proposés.
Paul-Antoine.
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Samedi 18 Février 2012
La Médina de Tunis

Medina est un terme issu d'un mot arabe signifiant ville. Ici, elle désigne la vieille ville, le cœur historique de Tunis. Elle est tout le contraire des quartiers que je venais de traverser. D'une surface assez restreinte, la médina est un dédale de rues étroites et tortueuses. Il y a tellement de porches qu'on a parfois l'impression d'être dans un tunnel. Cette exiguïté lui confère une obscurité inquiétante, surtout quand on la découvre en solitaire. Le décor est néanmoins pittoresque et intrigant. Les ruelles de la médina sont très achalandées, car il s'agit du poumon commercial de la ville. On y trouve des souks en tous genres : vêtements, chaussures, ustensiles de cuisine, artisanat décoratif, parfums, fruits et légumes...

Tout en marchant, j’essaie de suivre ma position sur le plan, mais les rues sont trop nombreuses et petites, et je me "perds" rapidement. J'écris perds entre guillemets car, comme je l'ai déjà mentionné, la médina n'est pas grande, donc on ne peut pas vraiment s'y égarer. Pour en sortir, si l’on ne connait pas le chemin, il suffit de marcher tout droit pendant une ou deux minutes pour retrouver les grandes rues rectilignes des quartiers environnants, qui forment des points de repère nettement plus pratiques.

Je m’inquiète d’autant moins de ma désorientation que l'endroit que je cherche à atteindre, le centre de la médina, est bien indiqué. C'est là que se dresse la grande mosquée de Tunis, Zitouna (« olivier ») ! Elle fut érigée au VIIe siècle. Sa cour est entourée de plus d’une centaine de colonnes issues du site antique de Carthage qui soutiennent une série d’arches en pierre dont l’alternance des couleurs créée des motifs élégants. Deux courtes tours d’angle rappellent que l’endroit eut un jour un caractère militaire. [1]

La Grande Mosquée Zitouna


La mosquée se dresse à côté d'une petite place, qui parait presque grande quand on sort des ruelles exiguës de la médina. Un étalage de légumes adossé à un mur déborde dans l’espace. Quelques personnes sont assises sur un grand escalier de pavés qui mène à la porte principale de la mosquée. Je gravis les marches et essaie d'ouvrir la porte, mais celle-ci est verrouillée. Un homme me dit alors que je ne peux pas entrer par là, mais que je peux emprunter un second escalier sur le côté de la mosquée qui mène à l'étage. Cet étage est une sorte de couloir ouvert sur l'extérieur : le mur est percé de grandes fenêtres sans vitre qui forment une succession d'arches. J'y trouve là un homme assis à une toute petite table. Il m'explique que les touristes n'ont pas le droit d'entrer dans la mosquée, mais peuvent pour quatre dinars aller sur le balcon qui donne sur la cour intérieure et qui offre une perspective sur le minaret.

La Grande Mosquée Zitouna


Le point est en effet bien choisi. Je suis sur le balcon, situé je pense au-dessus de la salle des prières, un peu en hauteur vis à vis de la cour. Je peux observer les détails des façades, du minaret et même de la coupole de l’une des tours d’angle qui me surplombent. Je défoule mon index sur mon appareil photo et prends de nombreux clichés. Malgré le panorama, je trouve dommage d’être limité à un seul angle de vue. J’aurai préféré visiter le reste de la mosquée et avoir accès à la cour. Dehors, dans la médina, les rues sont trop étroites pour avoir suffisamment de recul sur le monument.

De retour sur la place, je m'arrête chez un marchand de parfums et négocie l'achat d'une essence de jasmin. Je trouve amusant de repartir avec étant donné que je suis au pays du jasmin. Après l'achat, le vendeur, dans sa grande générosité, insiste lourdement pour me conduire dans un endroit de la médina d'où j'aurai un point de vue imprenable pour mes photos. Laissant son échoppe à un jeune associé, il joint le geste à la parole et m'invite prestement à le suivre. Je lui emboite le pas d’un air méfiant. Il me conduit à travers le dédale de rues sombres et bondées jusqu'à un magasin d'objets artisanaux. Il m'amène via un escalier étroit sur le toit de la maison, qui forme une terrasse à moitié en ruine. Il y a effectivement une vue sur la médina, et on voit le minaret de Zitouna qui dépasse, mais ça reste un panorama trop peu esthétique à mon goût pour autant. Il m'invite à prendre des photos, mais non, vraiment, ça ne me tente pas. Plus tard, je verrai des cartes postales figurant ce panorama. [2] Pendant tout ce temps, il ne cesse de parler d'un air jovial, me racontant l'histoire de cette maison, des grands qui y ont vécu, des conditions économiques difficiles en Tunisie, et comment les Français sont ici chez eux... Ce n'est pas un grand mystère de savoir pourquoi il m'a amené ici. Ce n'est pas qu'il aime jouer les guides touristiques, c'est qu'il voulait m'amener chez son pote le commerçant. Ça doit être un tour courant ici, de s'échanger ses clients. Et ça marche, je repars avec un joli petit tambour tunisien qui trônera fièrement sur mon étagère :p. Il y avait beaucoup de beaux objets dans ce magasin, mais ça m'avait déplu qu'il n'y ait aucun prix affiché. Et toujours, il faut négocier... Mais je commence à avoir l’habitude.

A suivre…

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Mosquée_Zitouna
[2] Photo du panorama
Paul-Antoine.
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Dimanche 22 Janvier 2012
A la découverte de Tunis

26 juin 2010. La matinée est finissante. Après m'être rapidement installé, je quitte l'hôtel pour visiter le centre-ville. Mon hôtel est à environ trois kilomètres de là, il me faut donc d’abord trouver un moyen de m’y rendre. Décidé à ne pas prendre de taxi et à faire comme les gens du coin, je me dirige vers la ligne de tramway la plus proche. Il n'y a pas de métro souterrain à Tunis, toutes les lignes sont en surface. J’ai repéré le tracé des lignes sur Google Maps avant de partir et, avec le plan que j’ai sur moi, cette partie-là est assez facile. Apres être arrivé à la station, j'achète mon billet et attends. Le train ne tarde pas à venir.

Le plan du métro de Tunis


Rapidement, il m'emmène jusqu'à la station République, qui est à l'intersection de quatre lignes. A ma grande surprise, tous les passagers descendent. Mince, ça doit être un terminus. Je ne m'en étais pas rendu compte en regardant mes plans. Comment faire pour rejoindre le centre-ville ? Je regarde autour de moi à la recherche d'un plan des lignes, ou d'un panneau pouvant m'aider, mais je ne trouve rien d'inspirant. Je décide de tenter ma chance dans le train d'en face, qui est immobile depuis plusieurs minutes et dans lequel la plupart des gens se sont engouffrés. Après quelques instants supplémentaires d'attente, il part - dans la mauvaise direction. Je descends à l'arrêt suivant et retourne à la station République. Je monte dans un autre train. C'est forcément celui-là, quoi ! Eh non. Echauffé, je descends à nouveau et décide de laisser tomber les tramways. J'irai à pied. Une bonne vingtaine de minute de marche sous le soleil.

J'en profite pour découvrir Tunis. Les bâtiments sont bas, de couleur claire, et les avenues relativement larges (du moins celles que j’ai prises) mais les murs sont craquelés, la peinture écaillée, les routes et les trottoirs sont poussiéreux et jonchés de débris. Beaucoup de choses ne semblent pas entretenues.

La situation s'améliore un peu en approchant du centre, où se trouvent des bâtiments de bonne facture bordant des avenues perpendiculaires. J'arrive sur une place surplombée par l'imposante Bab el Bhar (باب البحر, Porte de la Mer [1]). La place est très fréquentée. J'achète un sandwich dans un bistrot du coin et le mange sur la terrasse à l'ombre d'un parasol, en observant les passants. Mon prochain objectif est de visiter la médina, quartier qui s’étend de l’autre côté de la Porte.

Bab el Bhar


A suivre…

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bab_El_Bhar
Paul-Antoine.
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